Christine Delbecq

Christine Delbecq > Oeuvres > écritures

La forme du parallélépipède s’est imposée tout au long de mon travail.
Bloc compact dans les débuts, devenu pierre et formant murs de pierres, il s’est déformé, cabossé, puis évidé. En terre - constructions de petits mondes dans l’atelier aux Beaux-arts et dans les anfractuosités de murs à Mâcon, qui m’ont amenée à prendre connaissance du travail de Charles Simonds - je l’ai peint, dessiné, construit en lanières de draps, déchiré dans des affiches et collé enfin sur toile : une lente élaboration d’écriture réactivée dans mes pages de lignes d’iceberg au Groenland (carnets du Groenland) : écrire quelque chose que je connais mal d’une façon que je ne connais pas.

L’échange


1/24 00 Lettre envoyée
1/24 Lettre envoyée

1/30 01 Lettres reçues. Catherine B
1/30 Lettres reçues. Catherine B

À l’origine de L’échange une interrogation de toujours, parce que toute œuvre posée dans le monde, proposée aux regards, se libère de son auteur : qui la reçoit, comment ? Qui peut être va lui répondre, comment ?
C’est quoi ça ?

Le noyau poétique réside là : dans ce déplacement, ce retrait de la parole telle qu’on en a couramment l’usage, au profit d’un discours que je ne veux pas qualifier d’oraculaire, mais qui semble émerger d’un autre territoire mental, d’une autre région du langage.
Yves di Manno. Terre ni ciel. Éditions Corti

J’ai échangé des courriers avec une centaine de destinataires, connus ou non, auxquels j’avais envie d’envoyer un signe ou qui me l’ont demandé, entre 2012 et 2014. L’échange a également été le sujet de ma résidence au lycée de Dunton de Montréal en 2012, et cette question - que peut-on prendre d’une telle écriture pour élaborer une réponse - me semble faire écho à tout face à face avec une oeuvre.

J’ai reçu environ soixante pour cent de réponses à mes Lettres sans mots : objets, textes, poèmes, mails, dvd, ou mes propres lettres transformées. Voici quelques exemples.

La trace mémorielle de ce projet s’est déployée dans DeLoinPrès, panneau mural de 15 mètres de long, de la série des paysages du temps.
Et les Lettres sans mots deviennent source de nouveaux travaux.

Les robes


1/5 les robes
1/5 les robes

Une lettre sans mots m’est restée dans les yeux.
Aggrandie, suspendue mollement au mur, elle a donné la série des Robes

2016. Bâches transparentes, tissu, papiers d’affiches, cordons.

Lettres à l’entomologiste


1/10 Lettres à l’entomologiste
1/10 Lettres à l’entomologiste

Pour la première fois j’utilise les petits blocs cabossés en lignes d’écriture. Cette écriture sans mots est mi-cachée mi-offerte dans les boîtes à couvercle désossées fabriquées pour le projet.
Leur installation est modulable. Cinq des lettres ont été achetées par la mairie de Saint-Apollinaire pour la médiathèque.

2008. Bois, charnières, drap, déchirures d’affiches, papier canson anthracite, acrylique. 7 fois 75/105cm.

Le piège à souris


1/2 Le piège à souris
1/2 Le piège à souris

Une correspondance, un ordinateur, un piège. Et, dans le sol sous le pied, des lignes d’écriture sans mots.

2008. Acrylique, huile, feutre, morceaux de papier affiches sur drap marouflé sur bois. 200/200cm.

Le tricot des jours

Le tricot des jours

L’écriture sans mots devient écriture des jours, un tricot du temps troué de rouges.
Un premier journal du temps, avant les paysages du temps.

2007. Acrylique sur toile libre. Ici exposition dans le cadre de la résidence au collège Malraux, Dijon.350/210cm.