Christine Delbecq

Christine Delbecq > Oeuvres > Paysages du temps

J’envisage Les Paysages du temps comme une carte géographique du temps déployée sur le mur.

J’ai longtemps photographié en secret d’ infimes détails des travaux en cours. Beaucoup. Plaçant l’appareil à même l’œuvre je les déformais légèrement, introduisant une sensation de mouvement et d’étrangeté qui m’emportait.
Ces détails ont parfois servi de tremplin vers de nouvelles œuvres, jusqu’au moment où s’est imposée l’idée que leur rassemblement agissait comme un journal, voire un commentaire pour mes travaux, aussi importants que le travail qui en était la base.

Automne 2013 : en résidence à Montréal, je scotche sur les murs les photos prises chaque jours dans le projet que je mène, L’échange.
Daniel Lahaise (http://daniellahaise.com/), plasticien dans le même échange croisé, me dit : Le journal est une réponse à l’idée de cartel. Une professeure me « donne » le titre.

Photographier en déplaçant le cadrage aussi peu que la vision ne bouge à chaque pas de la marche : rythme.
Tous ces détails, comme la rumination puis la digestion de toute expérience : mémoire.

Décomposer l’installation matricielle, la démultiplier en ébranlant le point de vue : élargissement.

J’ai cette sensation en ligne de crête : travailler comme l’aiguille de la boussole, qui tremble en permanence et garde le cap. Comment faire du un avec tant de tremblements…


ChaoscartonMur


1/8 01A ChaosCartonMur. Assemblage de photographies tirées sur papier à peindre mat, marouflées sur bois. 1250/100cm. Exposition /On a penché l’horizon/, 2021, Dijon
1/8 ChaosCartonMur. Assemblage de photographies tirées sur papier à peindre mat, marouflées sur bois. 1250/100cm. Exposition /On a penché l’horizon/, 2021, Dijon

De la série des Paysages du temps, qui sont à chaque fois comme un journal de travail, ou un cartel géant, formé en assemblant les centaines de photographies prises dans les installations matrices.



Ici, je photographie à l’aveugle (appareil posé dedans, sans voir), de biais, en dessous, en dessus, à l’intérieur des installations construites en cartons évidés recouverts de papier blanc, les ChaosCarton.

Écarts de perspective, et de format, contrastes de couleurs liés aux prises de vue, jeux d’emboîtements. Grouillement.

2012/2016. Actuellement, cinq éléments de 250/100cm, diversement configurables selon l’espace. 
Photographies tirées sur papier à peindre mat puis marouflées sur carton.

LaRivièreVerte


1/7 01 marcher DansLeVert, juillet 2021
1/7 marcher DansLeVert, juillet 2021

Le premier confinement m’aura permis de mener à bien un projet commencé quelques mois auparavant. Posant l’appareil sur le sol - l’œil dans les pieds - j’ai photographié les milliers de brins d’herbe et leur implantation au cours de la marche quotidienne qui m’était possible juste à côté de l’atelier. Marche banale et simple dont les variations dans la répétition me comblent.
J’ai ensuite trié et retravaillé ces photos, avant de les assembler en suivant l’ordre chronologique de ce travail entamé l’année précédente.
Je présente ce travail avec un diaporama constitué des mêmes photos, pour regarder ce que nous font leur accumulation dans l’espace et leur succession dans le temps.

Assemblage de photographies tirées sur papier à peindre mat, marouflées sur bois. Trois panneaux de 250/120 cm. Configurations variables

Chambres d’échos


1/11 Chambre d’échos 1 : 430 x 280 cm, 859 photos assemblées
1/11 Chambre d’échos 1 : 430 x 280 cm, 859 photos assemblées

Chambre d’échos 1 et 2
Journal de travail de l’installation LeGrandBlanc
J’ai pensé ces deux panneaux comme les ondes qui naissent d’une pierre jetée dans l’eau, la même idée mâchonnée et déployée au fil des jours, en écho au texte de Myriam Eck dans le recueil Mains, suivi de Sonder le vide, publié en 2014 aux éditions p-isages intérieurs.

2013/14. Photographies tirées sur papier à peindre mat puis marouflées sur carton. 430/280cm et 400/270cm.

DeLoinPrès


1/9 DeLoinPrès, une portion dans l’atelier avec un CarréPieds
1/9 DeLoinPrès, une portion dans l’atelier avec un CarréPieds

DeLoinPrès
Photographies prises au cours de L’échange, Lettres sans mots. 
Pour ce projet j’ai envoyé pendant trois ans des courriers sans mots (voir Écritures) à des destinataires variés puis j’ai attendu des réponses.
 Sur tous les éléments reçus - objets plastiques, poèmes, lettres, mails - j’ai posé mon appareil et avancé peu à peu. 
Ensuite j’ai assemblée les entrecroisant les 3 200 photos obtenues, et ce Paysage du temps est comme le tissu géographique des liens très divers que cet échange a suscités.
2012/2015. 2,80 sur 15m.

ConnexionOranges


1/10 ConnexionOranges, ensemble
1/10 ConnexionOranges, ensemble

ConnexionOranges

Des centaines de détails relevés pendant que je peignais les 64 carrés de 120 / 120 cm qui constituent les MumbaiGameCube, pliages de papier à poser au sol ou au mur, réalisés au retourne la résidence auprès d’enfants issus des rues à Bombay en 2012.
ConnexionOranges est comme le développement dans l’espace vertical des vibrations perçues et recherchées dans le travail horizontal.

2012/2016. 300/490cm.